Interview! Révolution Africain

Interview! Révolution Africain
Révolution Africain : Ça ne t'embarrasse pas d'être une star, une vedette adulé ? Quant on voit tous ces gens qui viennent à tes rares galas et, depuis tes blessures, ici, à la clinique ?
Matoub Lounès : je ne me sens pas une star, je ne me suis jamais senti une star ou une vedette.
Mais est-ce que ça ne te pèse pas d'être considéré comme l'un des leaders de la chanson de protestation ?
Je ne me crois pas leaders. J'essaie de défendre une cause que je trouve juste, c'est tout. Leader ? Non, je ne pense pas...
Les gens te voient comme ça...
Peut-être. J'ignore... Une chose est certaine : j'essaie de travailler davantage, un renouveau, un souffle à la chanson kabyle...
Le public voit en Matoub comme un symbole. Surtout depuis les émeutes d'octobre. Ils pensent même que tes blessures sont la conséquence à tes prises de position, à tes chansons...
Ce n'est pas parce que j'ai reçu des balles que ça prouve que j'avais des positions. Mes positions, je les ai toujours eu, avant qu'on ne tire sur moi. Ces balles seraient une preuve ? Je ne sais pas...
Tu as une idée de ton public ?
Il y a une complicité entre moi et le public. Je lui ai toujours donné ce qu'il voulait. Et moi, j'ai toujours été satisfait de son adhésion, son accueil. Il y a une émotion, une chaleur...je ne sais comment t'expliquer mon public...il est vital. Il peut être le public de tout le monde aussi...
Comment tu expliques le succès rapide que tu as eu ? Est-ce dû, entres autres, aux événements de Tizi-Ouzou, en 1980 ?
J'ai commencé la chanson en 1978, donc bien avant les événements de Tizi-Ouzou. J'ai peut-être eu de la chance. Il n'y avait pas, en ce moment, beaucoup de chanteurs qui enregistraient...C'était peut-être ça ?
Est-ce que tu étais sûr d'apporter quelque chose de nouveau à la chanson Kabyle ?
Oui, je dois dire qu'il y avait une ambition à la base. J'avais débuté très jeune. En 1978, j'avais décidé d'enregistrer, de faire carrière quoi, et de tenté ma chance. Je me suis dit : pourquoi pas moi ?
Donc, lorsque tu as enregistré ton premier album, " Ay izem " (le lion), tu étais prêt ?
Oui, j'étais prêt. J'avais les textes, les mélodies et surtout, comment t'expliquer ça : je chantais déjà dans les fêtes, donc je me suis rapproché du public.
A quel âge, justement, avais-tu commencé à chanter ? j'ai retrouvé dans une revue d'université, que tu avais débuté à l'âge de 12 ans...
Je dirais même avant !
Pourquoi tu as choisi la chanson pour t'exprimer ?
Ça vient comme ça, c'est inexplicable. On aime la chanson comme on peut aimer autre chose dès le jeune âge ! J'ai voulu chanter, c'est tout. Au départ, je n'avais pas l'idée que j'aillais réussir et être connu aujourd'hui. J'ai tenté l'expérience. Heureusement, ça a marché !...Et je continue à travailler davantage.
Est-ce que ça a marché aussi parce que tes textes sont directs ? Bon, tu as écrit des textes métaphoriques, très beaux d'ailleurs, mais beaucoup de tes textes vont droit au but...
Ça, je l'ai compris. Le public la réclamé en quelque sorte, la métaphore ? C'est presque tout le monde qui en fait. Je trouve que c'est une manière de se détourner des réalités. Sans vouloir porter atteinte à quiconque, je trouve que la chanson dite engagée doit être directe !
Tout en étant esthétiquement présentable ?
Cela va de soi !...
...Parce que, il faut le dire, certains chanteur dits engagés n'enveloppent pas leur produit de belle manière !
Ah, non, non...Moi je dirai que ce sont des orateurs plutôt que des chanteurs !
Une grande partie de tes chansons sont agressives. En ce sens, où tu colles à l'actualité du pays. Tu donnes l'impression d'être un provocateur. Pourtant, les gens qui te connaissent vouent ton ouverture, ta gentillesse, ta générosité, ta sensibilité...
Je serai dur dans mes textes ? C'est possible. Moi, je crois que quand il faut dire quelque chose, il faut le faire...
Tu appelles un chat, un chat !
Absolument. Ça plaît à certains comme ça déplaît à d'autres.
Depuis les débuts, tu conserves l'image d'un chanteur, d'un poète solitaire...
Ah, oui. J'ai toujours plané en solitaire. J'aime mieux mené ma barque tout seul , sans l'aide de personne. Je travaille mes textes et mes mélodies à ma manière tout en respectant les autres. C'est ce qui fait ma force, mon enthousiasme aussi.
Tu à écrit des textes pour les autres chanteurs. Comme, par exemple, Takfarinas. Tu en as fait beaucoup ?
Oui, j'ai écrit pour d'autres. Je le fait comme ça. Quand quelqu'un me demande un texte, je lui en donne volontiers. Ce n'est point pour que mon nom soit cité.
Tu n'es pas tendre envers les opposants qui sont en France. Comme Ben Bella et Ait Ahmed dans le morceau : " les deux compères " !
Tout le monde sait que leur alliance, en 85, était contre nature. C'est Ben Bella qui a fait condamné Ait Ahmed. Tout d'un coup, on les revoit ensemble. C'est choquant. Ça n'a pas plu à presque tous les Algériens...
Toi en tant que chanteur, ça transparaît dans beaucoup de tes chansons, " Tarwa lhif " (descendance démunie), " A mes frères "...
Oui. Parce que j'ai essayé de transmettre le courroux de beaucoup de gens. J'ai trouvé que ce n'était pas juste qu'Ait Ahmed puisse se targuer de représentant en s'alliant avec Ben Bella.
De toute façon, tu n'es pas tendre, non plus, avec les autres tendances !
Je suis toujours resté indépendant. Je n'appartiens à aucun parti. Je suis d'autant plus à l'aise que je n'hésite pas à écrire sur toutes les incohérences que je constate !
Il est certain que les tendances ont cherché à te récupérer !
Oui, mais c'est impossible. Il ne pourront jamais !
Tu accordes beaucoup de d'importance à la scène...
C'est normal, ça fait partie du travail.
Oui, mais beaucoup de chanteurs n'ont pas cette exigence...
Eh, bien, s'ils ne l'ont pas, ils ne progresseront jamais. Ils demeureront à " l'état primaire ". Il faut avancer quand même ! Si tu ne soignes pas ton travail, tu aboutiras à la médiocrité. Quand on aime son métier, il faut donner le maximum. Par esprit professionnel.
Est-ce que tu travailles vite, d'habitude, en studio ? Tu m'as dit que tu as enregistré la bande de la dernière cassette, " Rwah, rwah " (viens, viens) en 48h...
Oui. Parfois moins ou plus. C'est une question d'habitude. Lorsque les chansons son carrés et que les musiciens son bons, ça marche tout seul.
A propos de musiciens, toi tu les choisis rigoureusement. Quels sont ceux avec lesquels tu as l'habitude d'enregistrer ?
Il y a Rabah Khalfa, l'excellent percussionniste, Hamid Mekkaoui, un marocain qui joue du naï, Mokadem Ghobrini, un grand violoniste, Lakehal Belhadad, un Algerois de la place 1er Mai qui joue du qanoun ainsi que Hamid Lakri, de mon village, au banjo.
Est-ce que tu as un groupe fixe quand tu te produis dans tes rares galas ?
Disons que j'ai pratiquement un orchestre fixe. Quand je joue dans les fêtes, ce sont les mêmes musiciens qui m'accompagne. Des jeunes de mon village...
Avec tes dernières cassettes, " tisirt n nedama " (la meule de regret) " L-mut " (la mort) et " rwah rwah " (viens viens), tu annonces ton retour au chaâbi des débuts. Mais un chaâi propre à toi...
Effectivement, je suis revenu à mon genre de départ. Mais on sent quand même un changement, une maturité. Le chaâbi est toujours en moi.
C'est ta base ?
Absolument !
A un certain moment, le public n'arrivait pas à ta classer. Tu touchais à tous les genres : traditionnel, chaâbi, moderne...
Donc c'est une richesse, quoi ! C'est comme un musicien qui joue de tous les instruments. On dira simplement que c'est un artiste !
D'après toi, le chaâbi ou tout autre genre, peut-il absorber facilement d'autres rythmes, d'autres genres ?
Cela fait partie des recherches, des expériences. Avec inévitablement des résultats.
Toi , tu es pour l'ouverture...
Bien sûr. Ces choses là, on les sent. Il m'arrive de remplacer, dans ma tête, des textes en arabe par du kabyle quand j'écoute des chansons, chaâbi ou autres.
Est-ce que tu as eu l'idée d'interpréter des qacidates genre " El Meknassia " par exemple, à ta manière, textes et arrangements ?
Oui, ça peut se faire. C'est même dans mes intentions.
Tu apprécies beaucoup Hadj El Anka, El Hasnaoui, Amar Azzahi...
Oui, beaucoup. Ce sont des maîtres.
Qu'est-ce que tu trouves en chacun d'eux ?
Hadj El Anka, c'est le cardinal ! Il a quelque chose propre à lui. Tout comme El Hasnaoui, Dahmane El harrachi et Azzahi. Ils n'ont riens de commun. Le seul dénominateur qui les réunit réside dans le «mizane», le tempo. Ce sont des artistes qui sont à cheval sur ça. Mais chacun chante à sa manière.
Est-ce que tu ne te sens pas proche du travail de Amar Azzahi ?
Il est très fort dans le chaâbi. Il n'est pas n'importe qui . C'est pour ça qu'il peut se permettre de faire ce qu'il veut. Il peut renverser un morceau très facilement. On dit que c'est difficile, mais chez Amar Ezzahi c'est naturel, facile...
...Parce qu'il a une base ?
Exactement. Il a son propre cachet. Comme Dahmane El Harrachi que j'ai eu l'occasion de côtoyer, Hadj El Anka et Cheikh El Hasnaoui. Ce sont des créateurs. Tu vois, si un chanteur imite un autre, il est condamné. Imiter c'est rentrer dans un ghetto d'où il n'en sortira jamais. Il faut oublier qu'on aime tel ou tel chanteur.
Cela ne te choque t-il pas de ne pas passer à la radio, la TV, les médias en général ?
Non, pas du tout, c'est devenu tellement habituel que je me vois mal, à présent, passer à la TV ou à la radio.
Toi, tu t'es imposé tout seul, sans médias. C'est quand même une victoire, non ?
Oui, mais ça été difficile. Je tiens à rendre hommage au public qui m'a soutenu. La télévision, pour moi c'est du Chiqué...
Tu es l'un des artistes les plus interdits du pays...
Et même jusqu'à présent ! On dit que la liberté d'expression est effective. En ce qui me concerne, il y a toujours le veto. De toute façon, je continue à me battre. Je les gêne , c'est tout. Ils ne m'empêcheront pas d'avancer. Ils ont essayé de le faire en tirant sur moi. Grâce à Dieu, ils n'ont pas réussi !
Tes deux dernières cassettes, anticipent sur les émeutes. Tu y dénonces les abus, les injustices, la crise de logement, le trafic des devises, le vol, la crise économique, la récupération partisane etc. C'est le poète qui voit loin ? ...
Tu sais, ça vient comme ça. Il se peut que l'événement se produise, mais ce n'est pas toujours évident. Moi je ne suis pas partisan, je met dans mes chansons la vie du peuple, sa réalité, ses vérités. On ne doit pas se tromper, si non c'est tout le peuple qui s'est trompé... je suis sincère, pas hypocrite. Que ça plaise ou pas, je le fais.
Quelles sont parmi tes chansons celles que tu préfères ?
Là, comme si tu disais à un père de famille de 20 gosses, lequel il préfère !
Tu as sûrement des projets de compositions précis ?
Ça ne m'a jamais posé de problème. Il m'arrive de faire des compostions une semaine avant l'enregistrement en chamboulant tout mon programme. De nouvelle créations peuvent surgir, comme ça, à la dernière minute. Ça devient de plus en plus difficile de créer. Parce que pour vraiment garder l'estime du public, il faut travailler énormément et leur donner toujours du nouveau. Actuellement je suis sans doute dans une période fertile. Mais un jour, cette inspiration s'en ira comme elle est venue.
Les émeutes ont dû t'ébranler...
Ça été très dur pour moi. Mais je n'ai pas cherché à écrire, à composer. Je n'en pensais qu'à m'en sortir. Par ce que si j'avais cherché à écrire, j'aurai risqué de dépérir. C'est un travail qui sollicite le cerveau. Moi, quand je travaille, j'oublie généralement de manger. Pour pouvoir écrire, composer, je crois qu'il faut d'abord être en bonne santé.
...Si tu as quelque chose à ajouter...
Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont soutenu tout au long de ces six mois. Sincèrement, j'ai souffert. Ils étaient toujours nombreux à venir me témoigner leur attachement, leur sympathie. Je rends hommage aux médecins et au personnel de la clinique des Orangers. J'ai rencontré des braves gens, dévoués, extraordinaires. Une famille fantastique que je ne trouverai pas en France ou ailleurs. Qu'ils en soient remerciés.

Entretien réalisé par
Nacer IZZA

# Posté le vendredi 06 avril 2007 17:39

Interview de Lounes Matoub au matin

Interview de Lounes Matoub au matin
Matoub Lounès, le 6 décembre vous receviez le Prix de la Mémoire des mais de madame Danielle Mitterand, aujourd'hui le Prix Tahar Djaout par la Fondation Norredine ABA, que représente pour vous la remise de ces deux Prix ?

Le Prix de la mémoire que j'ai reçu le 6 décembre fut pour moi le Prix de l'espoir, ce fut le Prix d'une reconnaissance universelle, c'est le monde entier qui s'est penché sur le sort berbère, sur le sort d'une minorité -entendent-nous-, aujourd'hui on s'accommode trop facilement de l'idée de minorité, or nous ne sommes pas minoritaire, 90 % des gens du Maghreb sont berbérophone, mais hélas ! Le fléau de l'arabisme est venu mettre au ban une langue ancestrale.
Ce Prix de la mémoire est une récompense dont j'assume l'importance avec beaucoup de bonheur car il faut reconnaître qu'être reconnu comme porteur de toute la mémoire d'un peuple est un tant soi peu, un fardeau mais aussi un honneur, c'est pour cela que conscient de l'importance de ce que je symbolise, j'ai décidé de me responsabiliser et d'apporter toujours un plus à cette société algérienne, s'il faut encore des sacrifices pour mon peuple, je continuerai encore d'en faire pour l'honorer de mon mieux...
Quant au Prix Tahar Djaout, il m'est difficile de m'exprimer à ce sujet, car sa mort m'avait profondément déchirer. Lorsqu'on l'a assassiné, on a assassiné une partie de moi-même, Tahar Djaout, c'est l'espoir que l'on a tenté d'éteindre dans l'Algérie qui avançait...
Ce Prix m'a touché droit au c½ur et je ressens beaucoup de fierté pour avoir été le lauréat de ce Prix de, aussi je continuerai d'honorer sa mémoire et son combat, en m'attelant à la tache pour défendre ses idées, car Tahar Djaout, s'est battu pour une Algérie plurielle et démocratique, pour une Algérie qui se voulait constructive et qui voulait s'aligner au rang des nations universelles ! Je fais le serment de poursuivre son v½u le plus cher. Pour mener cela à bien, j'ai besoin de l'appui, de la participation de gens censés qui comprennent la douleur de mon peuple.
Pour reprendre ces propos, "il y a la famille qui avance et la famille qui recule", malheureusement le constat est tel aujourd'hui au sein de la famille qui avance, les problèmes sont très présents, on n'arrive pas à consolider le rang des démocrates ; chacun tire de son côte, alors que les forces du mal disposent de moyens et de temps, car il faut reconnaître qu'aujourd'hui le facteur temps joue contre nous, il est plus que jamais nécessaire de trouver une solution, de chercher une conciliation non avec ces assassins mais avec les démocrates...

Après le cauchemar que vous avez enduré et votre libération, vous sentez-vous plus qu'auparavant investi d'une mission, voir d'un devoir de transmission et de diffusion d'un message d'ouverture et de tolérance face aux obscurantismes de tout bord ?

Les épreuves que j'ai endurées, m'ont mûri d'avantage j'ai appris à faire le bilan et le deuil de mes malheurs. Vous dire que je n'ai plus peur après ce que j'ai vécu, ce serait vous mentir, j'ai peur, or il faut savoir dépasser la peur pour apprécier la joie, le bonheur des miens, des nôtres, il faut dépasser celles - les joies - de ma propre existence pour atteindre celles de mon peuple. Je ne peux donc pas me permettre d'être pessimiste, comme le dit si bien un proverbe kabyle "il n'y a pas de guerre son paix", un jour le soleil rayonnera de nouveau sur notre pays et sur le monde entier, mais il faut se battre pour cela, ne pas être défaitiste !
Hélas ! Oui, l'intolérance sévit de part le monde, elle se décuple ; cela est bien évidemment intrinsèque au politique...En ce qui concerne l'éventuelle mission dont je me sentirai investi, je vous répondrai que je sens cela comme un devoir à accomplir vis-à-vis de mon pays, même s'il est vrai qu'à un moment donné, j'ai focalisé mes revendications sur la Kabylie. Etant issu de cette région, j'ai subi les ravages de ce que peut être l'influence du milieu sur un individu, le poids des référents, mais aujourd'hui je dois être Algérien, chanter l'algérianité dans son ensemble, la berbèrité dans son internationalisme, car les frontières de la Berbèrie ne se limitent pas à la Kabylie, ni à l'Algérie, elles s'étendent bien au-delà de l'Algérie...
J'essaierai donc de chanter pour aider à une prise de conscience algérienne et pourquoi pas universelle, je me sens effectivement investi d'un devoir car on m'a fait confiance, je n'oublie pas que ce sont les miens qui m'ont soutiré des griffes de la mort !
Il n'y a pas de confiance plus grandiose que celle qu'ils m'ont témoigné, je leur en suis reconnaissant.

Depuis votre exil en France, vous n'avez de cesse de vous battre sur tous les fronts et de vous investir à fond dans le travail, est-ce là une thérapie pour vous, une façon pour vous
de conjurer tout ce qui vous taraude intérieurement ?

J 'aimerai d'abord préciser que l'exil sous-tend toujours une contrainte, ma présence en France n'est que momentanée, et de plus étant résident en France depuis plus de 17 ans, je possède donc une carte de résidence, ce qui me permet de circuler fréquemment entre les deux rives de la Méditerranée. Je ne suis donc pas ici en tant qu'exilé, mais ma présence, effectivement s'explique par le travail et par le fait que je suis sollicité à m'exprimer auprès des médias internationaux, or avec ce qui se passe au pays, c'est le nomment opportun d'étendre notre message de liberté et de revendication culturelle, comme ce soir lors de cette remise des prix...Mais mon v½u le plus cher est de retourner chez moi, parmi mon peuple, retrouver un climat de quiétude et de chanter en toute liberté !

Matoub, pouvez-vous donner quelques précisions par rapport à vos deux concerts prévus au Zénith le 28 janvier 1995, et par rapport à la parution prochaine d'un ouvrage dont vous êtes l'auteur ?

Je vous signale tout de suite que je n'ai aucune prétention quant au métier d'écrivain, je pense écrire là mon seul et unique livre. Ce livre est comme un exutoire, il m'a permis de dresser un bilan sur mon passé, mes souvenirs, des choses que je me suis remémoré en un temps minime, car la rédaction s'est faite rapidement et je pense avoir certainement oublié des choses...Je ne sais si ce livre intéressera les personnes étrangères à notre culture, mais ils seront intéressés par un chapitre en particulier, celui consacré à l'enlèvement dont j'ai été victime...Je présume qu'ils seront moins intéressés par le coup de poignard ou les balles que j'ai reçus ou encore mon combat identitaire. Le titre du livre : Le rebelle, vous donne un aperçu de ce que peut être son contenu. Il paraîtra le 18 janvier 1995 aux éditions Stock.
En parallèle, dix jour après la parution de cet ouvrage, je me produirai au Zénith.
En une journée, je ferai deux concerts, l'un à 14h00, le second à 18h00, ce qui est une gageure pour moi, mes dix-sept interventions chirurgicales font que je suis diminué physiquement.
Cependant, je n'ai pas pour principe de me plaindre, quand on a la rage de vivre, quand on arrive à dompter son moral, la question physique devient moindre...

Matoub où puisez-vous cette force qui fait de vous un être engagé et aussi déterminé à combattre les injustices, les inégalités ?

Vous savez, on ne peut pas rester insensible à ce qui se passe autour de nous, sincèrement je n'ai jamais cherché à plonger dans la politique mais dans un pays déchiré comme le nôtre, si l'on ne va pas à la politique, c'est la politique qui vient à vous, je ne peux donc me taire face au drame algérien, la neutralité aujourd'hui est une position négative, une attitude attentiste, il faut choisir son camp...

Matoub, politique et chanson sont deux choses indissociables pour vous, cependant ne craignez-vous pas les effets pervers de la médiatisation, les déformations éventuelles de ce que vous cherchez à faire passer, au travers de la chanson ?

Il est vrai que la plupart de mes chansons sont bâties sur la revendication culturelle et pour cause, nous avons été humiliés dans notre jeunesse, j'ai acquis des expériences négatives d'humiliation au service militaire, ce n'est donc pas un fait qui date d'aujourd'hui, souvenons-nous de ce qui s'est produit sous Boumédiene avec son arabisation à outrance... cependant, toutes mes chansons ne sont pas politiques, j'aime aussi les chansons populaires, j'aime écouter des chansons qui me font oublier mes soucis, les moments déplaisants. Mon combat identitaire est un choix voulu mais en parallèle, je chante aussi des chansons d'amour, des chansons sur l'amitié, etc. ...
Je considère qu'un poète ne doit pas avoir d'½illères, ceux qui affirment ne pas faire de chansons d'amour, sont des falsificateurs, des imposteurs. Il est bien d'être de son temps mais le temps n'est pas fait que de politique, il est fait de bonheur et de joie, parce que le bonheur n'apparaît qu'avec un moment de détresse, la détresse ne s'efface qu'avec le bonheur...Bien sur il est acquis que mon cheval de bataille est, et ce sera toujours l'amazighité, cette appartenance à une civilisation ancestrale, je continuerai de la défendre corps et âme, je refuse d'être modelé par ce moule funèbre de l'arabo-islamisme, je suis avant tout, Algérien, je ne suis pas arabe identitairement et je ne suis pas obligé d'être musulman, il faudra m'accepter ainsi tel que suis, il faudra que la tolérance s'installe en Algérie, il faut accepter nos diversités et rejeter tout ce que l'on veut nous imposer et qui est étranger à notre aspiration d'universalité...

Votre sens de la répartie, votre franc-parler, vous en attiré bon membre d'ennuis et d'inimitiés, que répondez-vous à vos détracteurs ?

Je répondrai simplement par quelques mots, moi je suis naturel en tout, ne dit-on pas "quand on chasse la nature, il revient toujours au galop", je suis toujours sincère avec moi-même, je ne suis pas un penseur, car je juge qu'a partir du moment où l'on réfléchit à ce que l'on va dire ou répondre, je ne suis pas un mégalomane s'il m'arrivait de me tremper dans mes propos, je n'hésiterai pas à présenter mes excuses, à demander réparation.
Mais si l'on cherche à me reprocher mon combat identitaire, je répondrai comme l'a fait autrefois Jean Amrouche à ses détracteurs..., «il y a deux choses que je ne sais pas faire en français... ". Moi, je suis un montagnard, je suis égale à moi-même, je ne suis pas parfait, qui l'est ? Comme tout un chacun, j'ai des défauts dont je voudrai me débarrasser mais tout compte fait, peut-être qu'on me débarrassant de ses défauts, on risque de prendre des qualités avec.


Propos recueillis à Paris
Par Wahiba Mahlal.
le 27 décembre 1994
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 avril 2007 17:34

Allocution de Lounes Matoub Au premier prix de la liberté d'expression

Allocution de Lounes Matoub Au premier prix de la liberté d'expression
Mes amis,
Je tiens tout d'abord à remercier le SCIJ pour tout ce qu'il entreprend pour réunir et non pour diviser.
Je remercie aussi tous les journalistes ici présents, notamment les Français et les Canadiens, qui ont ½uvré pour que j'obtienne ce "premier prix de la liberté d'expression". Enfin qu'il me soit permis de rappeler que mon engagement pour la liberté d'expression, contre l'intolérance remonte à la fin des années 70.
A l'époque et tout au long des années 80, nous étions un certain nombre d'hommes et de femmes engagés pour la reconnaissance de la dimension berbère en Algérie.
Le combat pour la liberté d'expression, contre l'intégrisme a commencé là : le droit pour un enfant kabyle de parler, d'apprendre sa langue maternelle, le droit pour tout Algérien sans exclusif, de connaître son histoire, ses origines riches et diverses.
Berbérophone, arabophone ou francophone, l'Algérie officielle a privé ses enfants de leur personnalité.
Cette "dépersonnalisation" pour reprendre le mot juste de Kateb Yacine est aussi, peut être, largement à l'origine du drame algérien.
Aujourd'hui, nous sommes engagés dans un combat tout aussi décisif, mais je crois que les atrocités, la sauvagerie ne doivent pas nous aveugler : il s'agit encore et toujours du même engagement, celui pour la liberté d'expression et la démocratie, contre l'esprit d'inquisition et le fanatisme contre l'exclusion à commencer par celle des femmes, et enfin, celle pour la reconnaissance pleine et entière de cette personnalité algérienne. Toutes les souffrances algériennes sont miennes, parce que c'est sur le pays entier que s'est abattue l'ombre de la mort. Si demain la lumière à nouveau renaît, cela sera l'½uvre de tous les Algériens enfin réunis contre le mensonge et les divisions savamment entretenues.
C'est l'Algérie tout entière qui est menacée, mais cette Algérie meurtrie affaiblie du Nord au Sud, d'Est en Ouest continue pourtant à brandir le drapeau de l'honneur et de la dignité, l'histoire saura rendre hommage au courage et à l'incroyable abnégation de ces algériens face à la mort.
Ces journalistes, ces femmes, ces enfants, ces artistes, ces écrivains sont l'honneur de l'Algérie. Ils sont la conscience demain retrouvée, de notre pays.
Grâce à vous, grâce à ce prix, le combat des Algériens pour la liberté d'expression, contre, l'intégrisme, bénéficie une fois de plus de la nécessaire reconnaissance internationale. Ainsi exposés à la plus sauvage barbarie, ces Algériens sont aux cotés de tous ceux qui, de par le monde refusent l'intégrisme.
Il ne faut jamais l'oublier.
Ce prix n'est pas pour moi, mais pour eux, à jamais.

le 22 mars 1995
par MATOUB LOUNES

# Posté le vendredi 06 avril 2007 17:31

Aprés sa libération on lui pose 5 questions!

Aprés sa libération on lui pose 5 questions!
Liberté : comment s'est passée votre captivité ?
Quand j'ai été enlevé, j'ai pensé que c'était fini, avec tout ce qu'on raconte sur ces groupes, mais ils m'ont traité avec considération. Je n'ai pas été brutalisé. Leur objectif était de lancer un appel à la population, spécialement kabyle, pour lui dire qu'ils se battent contre l'Etat qui leur a d'après eux, dénié leur légitimité. Ils ne veulent pas être confrontés à la population civile. Ils m'ont choisi en quelque sorte pour porter ce message à la population. Ils demandent aux habitants de les aider et de ne pas les accueillir avec des fusils de chasse.
Saviez-vous où vous étiez détenu ?
Je n'ai presque rien vu parce que j'avais les yeux bondés. J'avais perdu la notion de temps. Je n'avais aucune information du monde extérieure. Il y avait beaucoup de monde autour de moi. Des éléments d'autres groupes venaient me voir. On changeait constamment de voiture. On me déplaçait d'un endroit à un autre. Des fois c'étaient des casemates, des grottes et d'autres fois, des lieux avec des broussailles ou dans les maquis.
Avez-vous identifié vos ravisseurs ? Etait-ce le GIA ou l'AIS ?
C'était le GIA, je le sais parce que j'ai rencontré des responsables, des émirs. Il n'y avait ni Bailèche, ni Stiti lesquels étaient impliqués, selon ce que j'ai appris après ma libération. Bien sur, je ne peux pas révéler les noms des émirs parce que ce sont les noms d'emprunts de guerre, ils me parlaient en kabyle. Ils m'ont fait passer devant un tribunal et j'ai été condamné à mort.
Je n'ai pas été exécuté car les émirs ont déclaré qu'ils n'étaient pas contre moi ni contre le MCB mais contre l'Etat. Ils m'ont remis un message adressé au MCB. Ces gens-là sont déterminés à aller jusqu'au bout. Ils n'ont pas peur de la mort.
Comment s'est déroulée votre libération ?
Ils m'ont amené à Beni Yenni, les yeux toujours bondés. Arrivés dans un café, ils ont braqué les personnes présentes et leur ont retiré leurs papiers. C'était pour ma protection, selon eux. Ils voulaient démontrer que c'est bien le GIA qui m'a kidnappé et qu'il ma remis indemne à la population. Ils craignaient toujours, selon eux, que le pouvoir entreprenne quelque chose de négatif contre moi et qu'il leur en fasse endosser la responsabilité.
Ils ont demandé aux clients du café de me raccompagner chez moi, sain et sauf et qu'ils les tenaient pour responsables de ma sécurité.
Saviez-vous que votre enlèvement avait suscité autant de réactions?
Non. Parce que je n'avais aucune information de l'extérieur. Mais je tiens à remercier tous ceux qui ont soutenu ma famille dans cette épreuve. Je suis sincèrement très touché par l'accueil que j'ai eu depuis ma libération par tous ces gens venus dans ma maison. Il m'est difficile de trouver les mots pour exprimer ma joie et ma reconnaissance à tous.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 avril 2007 17:27

Les 30 question posées à lounes par le GIA

Les 30 question posées à lounes par le GIA
1 : Qui est Matoub Lounès avant d'opter pour la chanson engagée? peux-tu nous dire comme tu étais avant ? Et comment as-tu commencé la chanson ?
2 : Toi, Matoub Lounès, tu fais partie des chanteurs kabyles qui oeuvrent à détruire l'Islam. Beaucoup
d'autres chanteurs comme Ferhat, Idir, Agraw, Hasnaoui, Asma, Ait Menguellet...font la même chose. Ne penses-tu pas que tout cela est un complot contre l'Islam ? pour nous l'art et la chanson sont des péchés. Dieu a interdit la chanson.
On dirait que vous vous êtes mis d'accord tous ensemble pour pousser les citoyens, surtout kabyles, par vos chansons, a devenir anti-islamique.
Peux-tu nous donner ton point de vue sur cette question pour le peuple algérien et pour la population kabyle?
3 : Comment peux-tu expliquer le fait que vous chantez tous contre l'Islam ? Agraw, on sait ce qu'il dit. Ferhat aussi. Ait Menguellet, Hasnaoui Amechtouh et bien d 'autres encore poussent les gens à combattre l'Islam. Est-ce que vous ne vous êtes pas mis d'accord pour chanter contre l'Islam ?
4 : Après les événements de 80 se sont multipliées les fêtes artistiques en Kabylie. Plusieurs chanteurs y ont participé et beaucoup d'adolescents se sont mis à imiter les grands chanteurs. Qu'est-ce qu'on peut récolter aujourd'hui ? La débauche, la perversion, la prostitution, la drogue...
Votre travail soi-disant artistique sont à l'origine de cette situation. La mixité en Kabylie est arrivée à un point tel que tu ne peux même pas sortir avec ta mère que ce soit à Azazga, aux Ouadias, Ait Yenni, Tizi-Ouzou...Vous avez détruit et pervertis la jeunesses de Kabylie. Nous aussi en tant que moudjahidin nous sommes, victimes de ça. Est ce qu'il n'y a pas un complot ?
5 : S'il s'agit d'une erreur, dis nous comment est-ce arrivé ? Est-ce qu'il y a quelqu'un derrière toi ?
6 : Revenons à tes chansons. Tu es contre l'Islam. Tes chansons "yecdhas i Rebi leqlam, arssed a Rebi ancharâa" sont destinées à nous combattre. Savez-vous qu'un des ennemis de Dieu, Salmane Rushdi, un hindou, a été condamné même par le pape et nous, en Algérie, Matoub Lounès, chante des textes semblables à ceux de Salmane Rushdi.
Et puis, dans ta dernière cassette, en t'attaquant clairement aux moudjahidin, en disant "les étoiles ont disparu", faisant allusion aux ennemis de Dieu que nous avons tués...Comment peux-tu nous expliquer ces chansons ?
7 : Que veux-tu dire par "taktab lhif" (le livre de la misère, ndlr) ?
8 : Tu as dis que certains frères musulmans trompent le peuple avec l'Islam, c'est vrai ?
9 : Mais aujourd'hui, dans le bus, les villages, les fêtes, les galas, des jeunes à la fleur de l'âge prennent la guitare et interprètent les textes de Matoub Lounès. On veut que tu expliques au publique, à la population de Kabylie, le sens des textes que tu chantes et leur signification.
10 : Dans un meeting où tu étais présent, ta s½ur a déclaré: "la hidjab oula djelbab, la kitab ouala sunna". Cette déclaration a été reprise par la presse. Qu'est-ce que tu peux dire sur cette question ?
11 : Tu as déclaré à plusieurs reprises dans des meetings et des marches organisées par Said Sadi contre le terrorisme, être l'ennemi des gens qui tuent. Or tu viens de dire que tu n'es pas contre l'Islam. Comment expliques-tu cela ?
12 : Tu as dit dans une marche à Tizi-Ouzou : "je ne suis pas obligé d'être musulman", tu as parlé de Okba Ben Nafaâ sur ARTE. Explique ?
13 : Plusieurs journaux, surtout Le Matin, Liberté, Le Pays, t'ont consacré des pages pour appeler à la lutte contre le terrorisme. Pourquoi tu l'as fait ?
14 : Est-ce que tu as fait ces déclarations par ignorance ou est-ce qu'il y a quelqu'un qui t'as poussé à le faire ?
15 : Explique-nous. C'est quoi le MCB ? Qui sont les fondateurs de ce mouvement ? Qui sont ces gens-là ? C'est quoi leur but ?
16 : Au sein du MCB, il y a plusieurs forces politique contradictoires (RCD,FFS,PAGS...).Chaque partie essaye de récupérer la base populaire, parce que rejetée par le peuple. A chaque manifestation du MCB , il y a des banderoles contre le terrorisme. Les responsableS de ce mouvement veulent empoisonner le peuple. Et nous disons qu'il y a des mains derrière toi qui participent à ces marches, peux-tu nous dire qui sont ces mains ?
Peux-tu nous clarifier ce qui se passe au sein du MCB ?
17 : Dans ces marches, on te voit souvent avec Ferhat M'henni et Said Sadi .Ils font des déclarations contre le terrorisme. Elles sont reprise par la presse et toi avec eux à la une des journaux. Expliques ?
18 : Etes-vous contre l'exploitation de tamazight à des fins politique, surtout anti-islamique ?
19 : Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de tamazight ? Tu es toujours dans les meetings et tous les discours du MCB, à 80%, ils sont anti-islamique ? Expliques?
20 : Lors des événements d'octobre, tu as été victime de cinq balles et tu portes toujours des cicatrices. Mais qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? Sadi et Ferhat ont des déclaration contre le terrorisme. ils ont appelé à des grèves, ils ont appelé à aider la gendarmerie et la police pour combattre les moudjahidin. Ils ont constitué des réseaux et des groupes anti-terroristes. Ils utilisent le MCB pour tout cela. Toi, Matoub Lounès, le numéro un du MCB, qu'est-ce que tu as à dire sur cette question ?
21 : Mais des groupes anti-terroristes ont été constitués par Said Sadi. Est-ce que tu es au courant ?
22 : Des grèves, des marches ont été organisées avec l'appui du pouvoir, par Sadi et Ferhat pour condamner les ennemis de Dieu qu'on a tués. Tous les commerçants de Tizi-Ouzou ont fermé le jour de l'enterrement du traître Boucebci.
23 : Tu dis être l'adversaire du pouvoir. Est-ce qu'il y a une différence entre celui d'hier et celui d'aujourd'hui ?
24 : Qu'est-ce que tu penses des groupes anti-terroristes formés dans les villages de Kabylie ?
25 : Revenons à ton enlèvement. Parles-nous des moudjahidin qu'on appelle terroristes qui t'ont enlevé. Quel est ton point de vue sur ces jeunes depuis que tu es arrivé au P.C.?
26 : Nous ne sommes pas des assassins, oui, nous sommes des tueurs, mais nous tuons les gens qui doivent mourir. Les traîtres, les gens du pouvoir. Maintenant que tu as vécu avec nous neuf jours, quel est ton point de vue sur cette question ?
27 : Quelle est ta vision sur ce qui se passe dans le pays et particulièrement en Kabylie ?
28 : Des villageois ont crée des comités de vigilances. Nous, nous luttons contre le pouvoir. Qu'il soit kabyle, arabe ou espagnol. Nous n'avons pas peur. On lance un dernier avertissement à ces comités de vigilances. Quand on passe dans un village, soit pour récupérer quelque chose ou rencontrer quelqu'un pour nous informer, des citoyens nous tirent dessus avec des fusils. Nous combattons contre des Paras, des Migs, des hélicoptères et nous n'avons pas peur, alors il faut dire aux villageois de rester à l'écart sinon on va les détruire, eux et leurs femmes. N'est-ce pas?
29 : Nous avons décidé de puis longtemps de tuer tous les traîtres et tous les ennemis de Dieu. Ils sont partout et il faut que le peuple nous laisse faire notre travail. Nous n'avons pas peur. Il faut que les comités de vigilances cessent de nous harceler et de nous pourchasser. Ils doivent savoir que nous ne tuons que les gens qui doivent mourir (policiers, gendarmes, moudjahidin de 54, journalistes du pouvoir et des partis politique, juges, etc.). Mais si les villageois continuent à nous interdire de pénétrer dans les villages, on va tuer tous le monde. Il faut qu'ils le sachent.
30 : On n'accepte pas les lois de la laïcité de Said Sadi. Il faut le dire au peuple.
Quel est ton dernier mot ?

# Posté le vendredi 06 avril 2007 17:20